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Calais repart de zéro

01/06/2018 à 17:22

Le Calais Racing Union Football Club n'existe plus. Plombé par des dettes, ce club amateur historique finaliste de la coupe de France en 2000, s'est éteint en septembre 2017. Le Calais Football Club des Hauts-de-France a repris le flambeau. En solo avec uniquement des équipes de jeunes cette saison. Le projet prendra plus d'ampleur dès la saison prochaine. Sans promettre monts et merveilles pour autant.

Le Calais Racing Union Football Club est mort le 28 septembre 2017. Ne reste désormais plus que des (grands) souvenirs de ce club né d’une fusion en 1974. Parmi les plus glorieux, l’épopée extraordinaire – élimination de Lille (D2), Cannes (D2), Strasbourg (D1) et Bordeaux (D1) notamment – menée en coupe de France lors de la saison 1999-2000 terminée au Stade de France face au FC Nantes. Nul besoin de revenir sur le penalty obtenu par Alain Caveglia et transformé par Antoine Sibierski, si ? Capitaine de la formation nordiste évoluant alors en CFA, Réginald Becque avait soulevé le trophée avec Mickaël Landreau à l’issue d’une finale perdue 2-1. Un moment inoubliable. Une image gravée à jamais dans les mémoires. Six ans plus tard, les Rouge, Jaune et Noir avaient réalisé un nouveau joli parcours en coupe de France tombant, au stade Bollaert, en quart de finale contre… Nantes (0-1). Encore.

En championnat, le CRUFC est monté jusqu’en National, en 2001, sous la houlette de Ladislas Lozano, coach entre 1995 et 2001. Une division finalement quittée un an plus tard avec un bilan de 2 victoires, 13 nuls et 23 défaites. La suite ? De graves problèmes financiers entraînant la relégation administrative du club en CFA2. Il remontera en CFA un an après. Puis en National en 2007. Avant d’être relégué en 2009. D’abord en CFA sportivement puis en CFA2 administrativement. Les difficultés économiques ont perduré empêchant le club de retrouver le CFA en 2010. Il faudra attendre 2014 pour voir l’équipe reprise en main par Djezon Boutoille depuis 2008 refouler les pelouses de CFA. L’exercice 2016-2017 conclu en dernière position au classement sonnera le glas du Racing. « Il faut qu’on arrête cette aventure, on est allé trop loin. Je ne peux pas continuer avec un club dont les difficultés financières s’étalent tous les jours dans la presse », déclarait Natacha Bouchart, le 6 septembre en conférence de presse (source L’Équipe). Placé en liquidation judiciaire par le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer, le club vit ses derniers instants.

« Si on nous avait donné le choix entre la R1 et le dépôt de bilan, les choses auraient été plus simples car les joueurs n’avaient rien à perdre en signant leur licence, vu qu’ils auraient été considérés comme joueurs libres en cas de disparition du Crufc, expliquait Djezon Boutoille dans les colonnes de Nordlittoral le 21 janvier 2018. Mais on nous a vendu la R1 ou la R4, ce qui n’est pas la même chose. En R1, on pouvait encore bénéficier de joueurs disposant d’un contrat fédéral, ce qui est interdit dans les divisions inférieures. Beaucoup de joueurs voulaient attendre la décision de la Ligue avant de signer et on savait très bien que si l’équipe première était confirmée en R4, ils refuseraient de signer, ce qui fut le cas. Ils n’ont pas abandonné le club comme certains le leur ont reproché. Ils ne voulaient pas participer à un projet sportif qui ne correspondait pas à leur niveau sportif ni à ce qu’on leur avait proposé à la base pour les faire venir au club. »

Refusant de voir le club historique de leur ville disparaître à tout jamais, des passionnés décident de créer une nouvelle entité baptisée Calais Football Club des Hauts-de-France. A sa tête, Grégory Duvieuxbourg, entrepreneur local. « Je n’étais pas membre du Racing mais mon fils y a joué. Relancer un club ce n’est pas facile mais j’ai mes réseaux. Cette année, on n’avait que des enfants (105 licenciés) de 6 à 15 ans. C’était une année test pour nous. Il a fallu racheter des maillots, des ballons, une imprimante, une machine à laver, refaire des travaux dans le stade… » Le Calais Football Club des Hauts-de-France a retrouvé son antre historique. Fini les matches au stade de l’Épopée, inauguré en septembre 2008. Retour au stade Julien-Denis. « On a vécu tellement de choses dans ce stade. On voulait le faire revivre », clame le président.

La saison 2018-2019 sera importante. « On va passer à 270 licenciés », poursuit le dirigeant qui a travaillé à l’absorption du RC Offekerque créé il y a quatre ans et fort de deux équipes seniors. « On s’entend très bien. Emmanuel Joly, qui est président et coach à Offekerque, reste en tant que coach de l’équipe première qui monte en D3. On va modifier le nom du club et ajouter un S à club (Calais Football Clubs des Hauts-de-France). On aura aussi des U16, U17 et U18. On va passer à 22 éducateurs dont les trois quarts sont diplômés. On a aussi quatre arbitres. On est prêt pour démarrer la saison prochaine. » Mais ne comptez pas sur Grégory Duvieuxbourg pour avoir la folie des grandeurs. « Il faut qu’il y ait un club digne de ce nom pour cette ville de 80 000 habitants mais on voulait se structurer avant de promettre monts et merveilles. S’il faut mettre dix ans pour avoir quelque chose et bien on mettra dix ans. Le but, c’est de tourner la page et d’avancer. » Et d’assouvir la passion des Calaisien(ne)s pour un sport qui a fait parler de leur ville dans tout l’Hexagone.

Charles-Henri Chailloleau

Crédit photo : Calais Football Clubs des Hauts-de-France